Présentation du site

Le village médiéval de Tiébagette est situé au nord-ouest du village actuel de Fang, à 250m du hameau de Fang d’en Bas, sur le versant est de la vallée traversée par la Navizence.

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Carte du Val d’Anniviers avec le site de Tiébagette en rouge


Les investigations archéologiques menées sur le site ont permis de mettre en évidence un village de taille moyenne, dont au moins 12 bâtiments ont pu être clairement identifiés. La majeure partie de ces édifices sont construits dans la pente naturelle du terrain et se déploient autour d’un petit replat, marquant une place centrale. Ces bâtiments étaient principalement de petites habitations d’une ou deux pièces, mais également des lieux de stockage, des greniers ou des petites granges.

 

 

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Plan des vestiges archéologiques de Fang/Tiébagette

 

 

Le site présente un intérêt majeur pour trois raisons essentielles. La première est son état de conservation, que l’on peut qualifier de remarquable, puisque certaines maçonneries sont conservées jusqu’à 2,10 m de hauteur. Situé aujourd’hui dans une zone forestière, à l’écart des habitations, ce village abandonné n’a ainsi pas été altéré par des interventions modernes.

La seconde raison est sa position altimétrique. Situé à 900 m d’altitude, ce site présente les caractéristiques d’un habitat permanent, contrairement aux bâtiments d’alpages médiévaux situés en haute altitude et dont l’occupation reste saisonnière. Or, si ces derniers sont assez bien connus archéologiquement en Valais, et plus largement dans l’arc alpin, les villages montagnards de basse altitude comme celui de Tiébagette restent encore inexplorés. La fouille exhaustive de ce hameau  pourrait permettre de mieux connaître la culture et l’économie des sociétés montagnardes du Moyen Âge et pourrait ainsi faire référence à l’échelle suisse.

Enfin, le site de Tiébagette bénéficie d’un sol peu acide – fait rare en Valais – ce qui permet une bonne conservation des découvertes. Le mobilier archéologique, principalement des petits objets de la vie quotidienne, est un premier pas vers la compréhension de la vie des habitants de ce village et il se doit d’être étudié de manière optimale. C’est également grâce à ce mobilier que les archéologues parviennent à dater les constructions et la période d’occupation du site. La pauvreté acide du sol permet également de conserver les ossements animaux, une source précieuse de renseignements sur les espèces représentées dans les troupeaux. L’étude de ces ossements par les archéozoologues  permet de mieux cerner les conditions d’élevage et d’alimentation de cette époque.

Le site de Fang/Tiébagette présente donc un intérêt archéologique essentiel dans l’étude de la culture, de l’économie et de la vie quotidienne des habitants de cette vallée durant l’époque médiévale.